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Les tribus de la villa Medicis
Raphalle Rrolle
Le Monde 16/4/2005

Un jour de l't 2004, Fernando Aloisi a quitt la Villa Mdicis. Adieu paradis : d'abord, sa petite maison badigeonne d'ocre rose, puis l'alle d'orangers conduisant aux carrs du jardin la franaise, et enfin le palais blanc, rig comme un rempart entre le ciel et Rome. Mais avant de quitter ces lieux qui l'avaient vu natre, o il s'tait mari, o il avait travaill pendant quarante-trois ans (comme domestique, puis comme responsable du bar), l'homme est pass une dernire fois entre les Herms de marbre dresss au coin des haies. Aussi, conformment aux ultimes volonts laisses son fils Massimo, son successeur la caftria, le signor Aloisi a-t-il fait une dernire promenade, dos d'homme. Et c'est ainsi, port dans son cercueil, qu'il a travers les jardins avant d'tre emmen vers sa demeure dfinitive, sous la terre d'un cimetire romain.
Telle est l'emprise de ce coin d'den - 7 hectares de terre franaise, avec vue sur la Ville ternelle et la place d'Espagne - capable de tenir ceux qui l'approchent sous un charme puissant. Capable
de garder entre ses murs, le temps d'une vie, les salaris qui se passent le flambeau de pre en fils. De susciter des passions, des temptes et de grandes inspirations chez ses occupants provisoires, directeurs ou jeunes artistes pensionnaires , c'est--dire pays par le ministre franais de la culture, pour mrir un projet artistique pendant six dix-huit mois. Capable, enfin, de faire cohabiter la tribu des pensionnaires et celle des salaris dans un espace clos.
Proprit de la Rpublique depuis son achat par Napolon Bonaparte, en 1803, la Villa Mdicis est la fois l'un des plus beaux palais de Rome et la rsidence d'artistes la plus convoite qui soit. Des sculpteurs aux compositeurs (Debussy, Dutilleux ou, plus rcemment, Michal Lvinas et Pascal Dusapin), des peintres aux crivains (Renaud Camus, Herv Guibert, Marie N'Diaye), on ne compte pas les htes clbres de ce territoire mythique, sige de la trs fameuse Acadmie de France Rome. La Villa , comme l'appellent ses occupants, est aussi un endroit mystrieux cartel entre deux ples : faut-il se consacrer l'intrieur, au travail engendr par la Villa elle-mme, aux uvres censes
se btir en son sein, ou bien s'ouvrir la ville alentour et ses nombreux publics?
Avant le XXe sicle et Andr Malraux, la question ne se posait pas. Depuis 1666, date de la fondation de l'Acadmie de France Rome par Colbert, des artistes pensionns par le roi venaient Rome recevoir un complment de formation. D'abord des peintres et des sculpteurs, puis des graveurs, des architectes et des musiciens, dmnageant d'une rsidence l'autre en fonction des poques.
La dernire d'entre elles, le Palais Mancini, accueillit des pensionnaires aussi prestigieux que Fragonard ou David, avant d'tre saccage par des contre-rvolutionnaires romains, en fvrier 1793. D'o, aprs quelques annes de flottement, un nouveau dpart, cette fois vers la Villa Mdicis - btiment splendide, situ sur le mont Pincio, l'emplacement duquel Lucullus avait bti ses jardins, o Messaline fut assassine et o le cardinal Ferdinand de Mdicis (1549-1609) accumula ses fabuleuses collections d'oeuvres d'art. Dans tout cela, aucun souci particulier d'ouvrir ses portes aux Romains, pas plus que de leur montrer les ralisations labores sur place.
Voil pour la mission Colbert de la Villa, autrement dit l'obligation de fournir des pensionnaires tris sur le volet des conditions attrayantes - un traitement, un logement, une bibliothque, des ateliers, une certaine aide logistique fournie par une cinquantaine de salaris - pour mener bien des ralisations dans des domaines qui se sont tendus l'histoire de l'art, la littrature, la photographie, au cinma, aux arts plastiques, au graphisme et mme aux arts culinaires. Slectionns sur dossier, par un jury qui doit faire le tri entre quelque 300 candidatures chaque arme, les dix vingt lus , gs de moins de 35 ans, recevront un traitement variable selon qu'ils sont fonctionnaires (4 800 euros net par mois) ou pas (3 500 euros).
De cette somme sont dduits 15 % pour les frais de logement, autrement dit une misre si l'on considre les lieux en question: appartements ou pavillons spacieux et dots d'un bon confort - bien que leurs habitants se plaignent de la vtust des connexions informatiques -, o les pensionnaires maris peuvent mme loger conjoint et enfants.
En 1968, un bon sicle et demi aprs l'emmnagement de l'Acadmie sur les hauteurs du Pincio, Andr Malraux, alors ministre de la culture, dcide qu'il ne serait pas mauvais de faire entrer un peu d'extrieur dans cet intrieur si protg. Il veut sortir la Villa du cadre strictement acadmique, supprimer le traditionnel prix de Rome qui rcompensait les pensionnaires et entrebiller les portes de l'institution sur la ville, en faire une vitrine culturelle.
Selon Richard Peduzzi, scnographe et directeur de la Villa depuis 2002, il fallait faire en sorte que ce lieu si extraordinaire ne soit pas un fantme, mais un endroit vivant, ouvert toute l'anne, proposant des concerts, des dbats, des expositions . Fort de deux rallonges budgtaires en 2004 et 2005, M. Peduzzi tente d'attirer des exposants de renom (par exemple le plasticien Anselm Kiefer, de janvier mars), mais aussi de montrer les travaux des pensionnaires ou de nouer des liens avec l'universit de la Sapienza.
Mais avec un budget de 5,5 millions d'euros (en 2005), il n'est toujours facile de satisfaire toutes les exigences. En avril 2001, un rapport snatorial passablement svre notait que les dpenses Malraux rattrapaient les dpenses Colbert, juges moins dynamiques. Et certains pensionnaires se plaignent encore amrement de l'augmentation des dpenses extrieures. Comment se fait-il, demande le jeune romancier Arnaud Bertina, que les pensionnaires n'aient droit qu' une enveloppe de 2 500 euros pour leurs travaux personnels, plus 800 euros de voyage, alors qu'une exposition comme celle de Kiefer a dvor un argent considrable? Une acrimonie que tous ne partagent pas. Car la plupart, mme parmi les mcontents, reconnaissent qu'il s'agit d'un lieu bni, bien conscients qu'ils vivent peut-tre l les meilleures annes de leur vie. Arnaud Bertina lui-mme, qui travaille sur un projet de livre collectif avec deux autres pensionnaires, est de ceux-l.
La Villa Mdicis permet de s'extraire de notre poque de zapping, de publicit, de prostitution de l'art, pour construire une uvre, affirme aussi Jrme Delaplanche, historien d'art. Avis partag par Jean-Charles Fitoussi, ralisateur et architecte. Sous les hauts plafonds d'un bel appartement, le jeune homme se rjouit du temps unifi que procure cette rsidence : tout le contraire du temps morcel de la vie parisienne. Librs de la ncessit de gagner leur vie, les htes de la Villa peuvent se consacrer leur travail.
Les traditions, cependant, ont la vie dure. A la fois celle qui pousse les pensionnaires considrer que tout n'est pas conforme leurs intrts - Rome serait trop loin de Paris, leur budget trop troit, leur travail pas assez considr, leur voisin de palier plus favoris qu'eux - et l'autre, largement aussi tenace, qui incite l'administration les regarder comme des enfants gts , coupables de compenser le manque d'inspiration par la revendication systmatique. Mme au XIX sicle, l'ge d'or de la Villa, indiquait le rapport snatorial de 2001, celle-ci ne manquait pas d'tre accuse d'incomprhension vis--vis des aspirations lgitimes des artistes. A intervalles rguliers, des ruptions mettent donc les lieux en moi, provoquant des crpages de chignon plus ou moins feutrs, plus ou moins fonds, dans cette socit facilement caractrielle dont certains traits semblent faire cho L'Incognito (Gallimard, 1989), livre cruel crit par Herv Guibert lors de son passage ici, en 1987. L'crivain reproduisait, avec une ironie dvastatrice et en le travestissant peine, le petit thtre agit de la Villa, dans ces annes-l.
Qu'ils se sentent bien ou mal aims, qu'ils habitent Sarcelles (la partie rcente des logements) ou Neuilly (le ct ancien), qu'ils soient venus en famille ou en clibataires, les pensionnaires ne sont que de passage. Quelques-uns succomberont aux charmes prilleux de Rome et ne produiront rien, d'autres meneront bien leur projet. D'autres, enfin, se serviront du lieu comme d'un tremplin professionnel, y compris parmi ceux qui n'y mettent pas beaucoup les pieds durant leur sjour officiel. Tous, au bout du compte, s'en iront -autoriss revenir, mais comme simples htes, le plus souvent nostalgiques.
Au moins, quand ils reviennent, peuvent-ils avoir l'impression que rien n'a chang. Quelques amnagements intrieurs, peut-tre, mais pas le personnel de la Villa, presque aussi stable que les statues dans les niches ou les fresques sur les murs. Secrtaires, comptables, cuisinier, chauffeur, majordome ou jardiniers -italiens pour la plupart - observent ce mouvement perptuel avec la srnit marmorenne de ceux qui restent, retenus par un attachement presque aussi sentimental que professionnel.
Nombre d'employs sont relis entre eux par des liens familiaux : mari et femme, oncle et nice, pre et fille, etc. La Villa reprsente, pour ceux-l, une sorte de seconde famille, avec ses codes, ses conflits. Une socit paisible, qui mne sa vie de son ct, se mlant ou non aux pensionnaires, en fonction des promotions -certaines plus amicales que d'autres, avec une tendance gnrale l'loignement cependant Autrefois, se souvient Massimo Aloisi, le responsable de la caftria, pensionnaires et employs sortaient ensemble, au caf, au bal, au cinma, ce qui ne se produit plus gure. Massimo est n ici et n'a jamais vraiment travaill ailleurs. A une poque, il avait bien achet un bar dehors , mais il est vite revenu dedans . Dehors, il y a trop de mchancet, constate sans malice ce monsieur au visage poupin.
Il faut dire que ce territoire appartient sa famille depuis un certain Giuseppe Mangianti, engag comme gardien en 1848. Au milieu de son salon tapiss de tableaux - certains donns par d'anciens pensionnaires -, Massimo fait dfiler toute une gnalogie ramifie, mlangeant les gnrations, parlant des uns et des autres comme de personnages familiers, mettant sur un mme pied anciens directeurs et ex-domestiques.
Aujourd'hui, c'est dans une maison du quartier italien que reoit ce monsieur volubile et chaleureux. Quand mon pre a t mis la retraite, le directeur de l'poque m'a fait venir dans son bureau, se souvient-il avec motion. Il m'a dit que je pouvais rester dans cette maison une condition : garder mon pre retrait avec moi. De toute faon, je n'avais jamais imagin faire autrement.
Plong jusqu'au cou dans une histoire dont il aime tout, jusqu'au paternalisme, Massimo n'a jamais mis les pieds en France. Pourtant, dit-il, je me sens plus franais qu'italien . Simplement, ce n'est pas en France qu'il espre finir ses jours. Ni en Italie du reste, mais plutt quelque part sur la colline du Pincio, avec vue sur Rome et la place d'Espagne.



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